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15M DE MÉRITES

Cette oeuvre est imprimée et accompagnée d’un certificat d’authentification (tampon officiel et signature au crayon) pour les formats moyens et grands. 

Les impressions dites « fine art » sont vendus aux formats suivant :

  • 13x18cm (petit)
  • A4 (moyen)
  • A3 (grand)

 

J’utilise pour cela un papier Canson Infinity de qualité professionnelle, de 310 g pour un rendu mat et texturé. Elles sont livrées à plat dans une enveloppe cartonnée en lettre suivie. Vous recevrez le code de suivi dès que votre colis sera expédié.

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Un mot de l'artiste

Certains y verront une réflexion cynique. Pour ma part, cette oeuvre à plusieurs lectures.

Mais tout d’abord, son titre fait référence à un épisode de la série britannique Black Mirror : le personnage principal y doit pédaler au quotidien, afin de gagner sa vie et de mener une vie quelconque. Pendant qu’une petite élite prend un malin plaisir à humilier ses semblables, dans ce qui apparaît comme une parodie de l’émission « La Nouvelle Star ». Sans rentrer dans les détails, il finit par se rebeller contre ce système qui l’opprime. Et c’est alors que, pendant un discours remarquable sur l’injustice que les gens subissent, il se voit proposer une place parmi cette même élite qu’il critique. Bref.. Vous devinez la fin…

Ainsi ce portrait est une critique du capitalisme ou l’argent est tout-puissant. Et ou des firmes géantes font la promotion de beaux idéaux tels que l’égalité et l’acceptation de soit. Mais seulement tant que l’auditoire est un potentiel « marché » à conquérir.. Un monde ou chacun se bat pour des miettes, les uns contre les autres tandis que certains se frottent les mains de notre aveuglement.

Je n’en oublie pas pour autant de faire mon auto-critique : à travers ce portrait j‘admets, non sans un certain cynisme, que je puisse m’enfermer dans la posture de l’artiste critiquant l’oppresseur. Celui-la même qui fera ma fortune lorsque ces derniers m’auront absorbé.. Comme bon nombre de mes confrères (et consœurs) artistes.

Je terminerais donc par dire, avec un brin de résignation, que nous sommes les principaux acteurs de notre condition. Mais que nous manquons également cruellement de modèle alternatifs depuis la chute de l’union soviétique. Non pas que cela ait été une réussite mais un idéal, venu d’ailleurs, ne serait pas de trop en ces temps troubles. Telle une éclaircie dans la tempête ?

Voilà, à défaut de faire ma fortune, n’hésitez pas à soutenir mon travail si celui-ci vous parle: pour cela vous pouvez m’envoyer un petit mot (gentil s’il vous plait) ou bien acquérir l’une de mes oeuvres.

Découvrez le discour poignant

TRADUCTION

Je n’ai pas de discours, je n’ai pas prévu de mots, je n’ai même pas essayé. Je savais juste que je devais venir ici, me tenir ici et je savais que je voulais que vous écoutiez ; que vous écoutiez vraiment, et pas seulement que vous fassiez la tête comme si vous écoutiez, comme vous le faites le reste du temps. 

Un visage comme si tu ressentais au lieu de traiter. Tu fais la grimace et tu la diriges vers la scène et la-di-da on chante et on danse et on se trémousse et tout ce que tu vois ici, ce ne sont pas des gens, tu ne vois pas de gens ici, c’est du fourrage. Et plus le fourrage est faux, plus vous l’aimez parce que le faux fourrage est la seule chose qui fonctionne désormais, le faux fourrage est tout ce que nous pouvons supporter – en fait pas tout à fait. 

La vraie douleur, la vraie méchanceté, ça on peut le supporter. Ouais, collez un homme gros en haut d’un poteau et nous nous moquerons de lui parce que nous en avons gagné le droit, nous avons fait de la prison et il se moque de la racaille alors ha ha ha de lui. Parce qu’on est tellement désespérés qu’on ne sait rien de mieux. Tout ce qu’on sait, c’est qu’il faut acheter de la fausse nourriture et de la merde. C’est comme ça qu’on se parle, qu’on s’exprime, on achète de la merde. J’ai un rêve ? Le sommet de nos rêves est un nouveau chapeau pour notre sosie, un chapeau qui n’existe pas. Il n’existe même pas, on achète de la merde qui n’existe même pas. 

Montrez-nous quelque chose de vrai, de libre et de beau, vous ne pouvez pas. Ça nous briserait, on est trop engourdis pour ça, nos esprits s’étoufferaient. Il y a tellement d’émerveillement que nous ne pouvons pas le supporter, c’est pourquoi quand vous trouvez un émerveillement quelconque, vous le distribuez en maigres portions, et seulement ensuite jusqu’à ce qu’il soit augmenté et emballé et pompé à travers dix mille filtres pré-assignés, jusqu’à ce qu’il ne soit rien de plus qu’une série de lumières sans signification, pendant que nous roulons jour après jour – pour aller où ? Pour alimenter quoi ? 

Toutes les petites cellules dans les petits écrans et les grandes cellules dans les grands écrans et je vous emmerde. Va te faire foutre, c’est à ça que ça se résume, va te faire foutre. Allez vous faire foutre pour être resté assis là et avoir lentement tricoté des choses pires. Allez vous faire foutre, vous et vos projecteurs et vos visages moralisateurs et allez tous vous faire foutre, pour avoir pris la seule chose que j’ai jamais été près de réaliser à propos de quoi que ce soit. Pour avoir suinté autour d’elle et l’avoir écrasée en un os, en une blague, une blague laide de plus dans un royaume de millions de personnes et puis allez vous faire foutre. Va te faire foutre pour ce qui s’est passé. Va te faire foutre pour moi, pour nous, pour tout le monde, va te faire foutre.

Corentin Sauvage

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